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ART 75 - GALERIE YVES DI MARIA, PARIS PHOTOGRAPHIES
ANCIENNES ET MODERNES |
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Aspects et
Descriptions de quelques Procédés et Papiers Photographiques
par Yves Di Maria
DAGUERRÉOTYPE
Le daguerréotype est un objet unique. L'image photographique formée
sur une plaque de cuivre recouverte d'argent est d'une qualité exceptionnelle.
La finesse de ses détails est obtenue par des particules de mercure.
Reconnaissable à son aspect métallique, l'image apparaît
en positif lorsque l'on trouve le bon angle de vue. Sous un autre angle, l'image
apparaît en négatif. Des rehauts de couleur étaient souvent
employés pour souligner certaines parties du portrait ; lèvres,
peau, bijoux dorés... Protégé par une plaque de verre il
est présenté encadré ou dans un étui décoré.
Le daguerréotype, issu des recherches de Nicéphore Niépce
et de Louis-Jacques-André Daguerre, fut mis au point en 1837. Premier
procédé photographique, l'invention connaît une immense
popularité à partir de 1839. Des millions d'objets daguerriens,
principalement des portraits, ont été produits dans le monde entier.
Son emploi durera environ deux décennies (années 1840-1850). Dans
les années 1900 les daguerréotypes seront victimes du "recyclage"
du cuivre et de l'argent et les rescapés deviendront des objets rares.
NÉGATIF
PAPIER (CALOTYPE)
Le calotype est le premier procédé qui permet de multiplier l'image.
L'image négative est obtenue sur un papier sensibilisé à
l'iodure d'argent. Ce n'est que quelques instants avant la prise de vue que
la sensibilité du papier est activée par une solution de nitrate
d'argent. Le papier, encore humide, est alors placé dans la chambre noire
et exposé. L'image se forme dans le papier. Il est ensuite développé
et fixé.
Issu des recherches de Talbot le procédé est breveté en
1841. Dans les années 1850, l'utilisation des négatifs sur plaque
de verre au collodion permettra une meilleure définition de l'image.
PAPIER
SALÉ
Le papier salé est le nom donné aux toutes premières épreuves
photographiques réalisées à partir de 1841. Une feuille
de papier (à dessin ou à lettre) est imprégnée de
chlorure de sodium et sensibilisée d'une solution au nitrate d'argent.
Placée dans un châssis-presse, exposée au soleil, l'image
est obtenue par contact direct entre le négatif papier (calotype) et
le papier salé. L'image se forme alors dans les fibres du papier ce qui
donne à la photographie son aspect mat.
Les tonalités des épreuves peuvent varier du brun orangé
au brun violacé.
A noter aussi la structure des fibres du papier négatif qui apparaît
dans les épreuves.
PAPIER
ALBUMINÉ
L'aspect luisant dû à la couche d'albumine (il s'agit de blanc
d'oeuf) le distingue du papier salé, mat. La tonalité, due à
l'emploi de sels d'or, varie de la couleur pourpre au brun noir. La finesse
du papier et la couche d'albumine conduisent le papier à s'enrouler sur
lui-même. Pour cette raison, l'épreuve est souvent placée,
collée ou non, sur un support papier plus épais.
Son usage sera dominant pendant la seconde partie du XIXe siècle.
Blancart-Évrard mit ce procédé au point en 1850. Il a l'idée
d'ajouter au papier salé une solution d'albumine. Une fine couche d'albumine
retient le nitrate d'argent et a pour effet d'obstruer partiellement les pores
du papier. Elle renforce ainsi la netteté des images. Le virage à
l'or n'est pas qu'esthétique, il permet surtout la stabilité de
l'image.
AMBROTYPE
L'ambrotype se présente comme un daguerréotype mais il n'en a
que l'apparence. C'est en fait un négatif sur verre au dos duquel on
applique un vernis et/ou un papier noir qui donne par réflexion de la
lumière une image positive.
Le procédé, bien moins cher à produire, participera au
déclin du daguerréotype.
La mise au point de ce procédé par James Ambrose Cutting en 1854,
utilise en fait le principe du négatif au collodion humide sur verre,
inventé par Scott Archer en 1848.
ÉPREUVE
GÉLATINO-ARGENTIQUE
C'est le nom générique de plus en plus employé aujourd'hui
pour désigner les photographies réalisées à partir
des années 1880.
Les épreuves au gélatino-bromure se reconnaissent à leur
aspect noir
"plombé". Avec le temps, la surface présente des parties
métalliques. Ce sont des remontées d'ions d'argent (appelées
miroir d'argent.) Les papiers au gélatino-bromure sont largement utilisés
au XXe siècle.
L'on désigne par aristotypes les épreuves tirées sur des
papiers préparés au gélatino-chlorure d'argent. Selon les
pigments employés pour les virages, elles sont de couleur orangé
à brun violacé. Lorsque que les papiers sont barytés (une
couche de sulfate de baryum est appliquée pour les rendre lisses) les
épreuves sont très brillantes.
À partir des années 1880, les procédés industriels
se développent considérablement suite aux travaux publiés
en 1871 par R.L. Maddox qui décrit la préparation d'émulsions
au gélatino-bromure. Une couche de gélatine (d'origine animale)
apposée sur le papier sert de liant aux sels d'argent. Les procédés
permettent alors la production de négatifs et de papiers prêts
à l'emploi. Ils ont des noms différents selon que l'on utilise
le chlorure, le bromure, ou l'iodure d'argent.
PROCEDES
PAR TRANSFERTS DE COULEURS
Carbro : Nom du procédé couleur en usage dans les années
30 qui s'inspire de l'association de deux techniques : le charbon et le bromure.
Il permet d'obtenir des images polychromes de grande qualité par transfert,
sur de la gélatine, des trois couleurs primaires (cyan, magenta, jaune)
Dye-transfer : Procédé couleur qui utilise le transfert de colorants.
Mis au point par Kodak en 1970.
Ces procédés non-argentiques produisent des épreuves d'une
très grande stabilité ; néanmoins, ils ont été
abandonnés en raison de leur mise en oeuvre très complexe.
LE PHOTGRAPHE
ET SON OEUVRE
Le photographe en possession de négatifs peut à tout moment revisiter
son oeuvre, réaliser des tirages en toute liberté et décider
d'en limiter l'édition.
N.B. : Les tirages, tous formats confondus, sont soumis à une TVA à
5,5% jusqu'à 30 exemplaires ; au-delà, le taux de 19,60% s'applique.
EPREUVE
ORIGINALE D'EPOQUE - VINTAGE
On désigne par vintage une épreuve photographique tirée
à partir du négatif original par le photographe ou sous son contrôle
dans la même période que la prise de vue.
Généralement utilisées pour des publications ou des expositions,
ces épreuves comportent souvent des accidents (pliures, traces de doigts,
angles émoussés...) dûs aux manipulations. Considérés
par les photographes comme des documents de travail, leur conservation a été
bien souvent négligée. Depuis les années 1970, avec le
développement du marché de la photographie, les "vintages"
sont devenus des objets de collection très prisés des musées
et des amateurs.
EPREUVE
ORIGINALE "POSTERIEURE"
On désigne ainsi une photographie obtenue à partir du négatif
original par le photographe ou sous son contrôle, à une période
postérieure à la prise de vue et avec des préoccupations
artistiques ou commerciales différentes de celles du tirage d'époque.
Ces épreuves peuvent alors être de bien meilleure qualité.
En général le photographe mentionne la date de prise de vue, la
date de création de l'épreuve, le nom du tireur, éventuellement
l'appartenance à une série, et s'il le décide une numérotation.
Il y appose souvent son cachet et dans tous les cas sa signature.
TIRAGE
ESTATE
Il s'agit de tirages réalisés après la mort du photographe,
décidés par les ayants droit à des fins essentiellement
commerciales. Ils sont en général de qualité quand ils
sont tirés à partir des négatifs originaux ; cependant,
ils ne sont pas considérés comme des oeuvres originales.
© Yves DI Maria